Aujourd’hui, 18 octobre, la FSSP célèbre son 21e anniversaire. C’est pour moi l’occasion de vous parler de notre communauté afin de vous la faire mieux connaître et mieux aimer.Comme toutes les communautés, nous avons des constitutions. Elles ont été rédigées par nos fondateurs. En 88 elles furent approuvées par Rome pour quelques années et en 2003 de façon définitive. Ces constitutions sont très importantes puisqu’elles manifestent clairement la volonté de Dieu et de l'Église sur ses membres. « Rien de bon, rien de durable ne sera construit par notre Fraternité si ce n’est dans la fidélité à son identité selon que la Providence a permis et voulu lors de notre fondation » disait notre supérieur général. Et il en va de même pour tous les ordres religieux. Si un ordre enseignant commençait à faire autre chose que d’enseigner, il serait voué à disparaître. L’abbé Berg veut identifier ce charisme à trois éléments : nous voulons être une fondation au cœur de l'Église, nous voulons rester fidèles à la théologie de saint Thomas d’Aquin et être un institut vivant de la liturgie et de la discipline traditionnelle.
Le premier pilier de notre maison est d’être un institut au cœur de l'Église. 21 ans après notre fondation, nous ne sommes pas suffisamment conscients du courage de nos 11 fondateurs. Ils firent comme Abraham. Ils quittèrent la seule maison qu’ils connaissaient jusque là, la fraternité saint Pie X pour ne mettre leur espérance que dans la Providence et dans l'Église. Ils quittèrent un Père qu’ils avaient aimé, Mgr Lefebvre, à qui ils devaient beaucoup. Il avait été pour eux un phare dans un monde en crise, dans une Église en crise. Nos 11 fondateurs se retrouvèrent à Rome, sans rien, sans appuis… si ce n’est leur foi et leur espérance. Et 21 ans après, par la grâce de Dieu, nous sommes 360 membres de cette fraternité, pour 180 lieux de messes partout dans le monde.
Le deuxième pilier est la fidélité à la théologie de saint Thomas d’Aquin, réponse appropriée au modernisme qui menace toujours l'Église. Notre supérieur général encourage ses prêtres à transmettre cet enseignement aux fidèles à travers leurs sermons, leurs conférences et leur catéchisme. Le monde a besoin de recevoir la vérité, sans nuance et sans concession. La foi n’est pas une histoire de poésie ou de sentiment. C’est un attachement intellectuel à des vérités révélées. Que nous voulions croire ou non à des vérités difficiles, là n’est pas le problème. Le problème est de savoir si Jésus, vrai Dieu et vrai homme, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper, a révélé telle affaire ! Qui sommes-nous pour choisir telle vérité, rejeter telle autre qui nous dérange… ? Là n’est pas une attitude catholique !
Le troisième pilier de notre fondation, c’est cette grande grâce que d’avoir conservé la liturgie traditionnelle. C’est vraiment la marque identitaire de notre institut. Les rites de la liturgie sont d’une grande importance car l'homme n’est pas un ange, il n’est pas une pure intelligence. Un adage anglais résume bien cela « les actions parlent plus fort que les mots ». Par conséquent, il ne faut pas seulement de l’instruction catéchétique pour répondre à la perte de la foi. Il faut aussi un rite qui manifeste à chaque moment les vérités qui sont présentes à la messe : le renouvellement sur l’autel du saint Sacrifice de la croix et non une réunion spirituelle de gens sympathiques ; la présence réelle du Christ dans la sainte Hostie et non un symbole qui nous rassemble ; le prêtre agissant dans la personne du Christ et non un président d’assemblée !
Notre supérieur général nous rappelait il y a peu qu’il est du devoir de ses prêtres d’être fidèles à tous ces éléments. Ce serait une faute fatale de laisser de côté l’un d’entre eux, ou bien d’exagérer l’un au détriment d’un autre. Ces éléments ne peuvent jamais être mis en opposition. Les documents de l'Église le disent souvent : un institut se détruit s’il perd son charisme propre. Cela peut-être une tentation pour nous parfois dans l’accomplissement de notre apostolat de diluer notre spécificité. Mais nous n’en avons pas le droit, cela irait clairement contre les désirs de la Providence et de ceux de notre sainte Mère l'Église.
Chers fidèles, je confie une fois encore notre fraternité à vos prières. Nous sommes bien conscients de n’exister que grâce à vous, à votre générosité et spirituelle et matérielle. Et en cette année sacerdotale, ayons à cœur de prier pour les prêtres et pour les vocations.

da.