Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 15:31
 

De nos jours, à vue donnée, on doit avoir plus de chances de croiser un gagnant du Lotto 6/49 dans la rue qu’un jeune dans la vingtaine qui se destine à la prêtrise. Alors quand on en voit un qui, de surcroît, s’apprête à se rendre en Allemagne pour apprendre à célébrer la messe en latin auprès de l’ultraconservatrice Fraternité sacerdotale Saint-Pierre, alors… Alors autant acheter un billet.

 

Et pourtant, Jacques Breton, 22 ans, de Lac Mégantic, s’apprête à partir.

 

Depuis un an ou deux, de plus en plus de gens font des pressions sur les évêchés du Québec pour le retour de la messe (traditionnelle) en latin. Ils on eu gain de cause par endroits, mais leur mouvement reste marginal et certains évêques, comme celui de Saguenay, s’y opposent. Le Soleil a donc rencontré M. Breton dans Limoilou, après une cérémonie en latin justement, avec une seule question en tête : dans une société aussi laïque et aussi peu pratiquante que le Québec, comment est-ce que l’on en arrive là ?

 

D’un air gêné, presque contrit, l’aspirant prêtre parle la tête baissée et d’une voix minuscule, un tout petit filet qui s’enfuit vers le sol. « Je viens d’une très grande famille, très pratiquante, qui a toujours lutté pour la messe tridentine (le rite latin, ndlr). Mon grand-père a eu vingt enfants, et ses enfants à lui ont continué à avoir de grandes familles. Je dirais que 80% sont encore pratiquants et la plupart vont à la messe tridentine, à Notre-Dame des Bois. »

 

Voilà un début de réponse. Mais d’emblée, pour expliquer ses choix de vie inusités, M. Breton parle plus volontiers d ‘»aider les gens », de « vivre l’amour du don de soi » et de ce « quelque chose qui manque dans une société où la place de Dieu diminue ».

 

Alors s’il s’agit d’aider son prochain, pourquoi pas le faire dans la langue qu’il comprend ? « Je trouve que la messe nouvelle est faite un peu comme une réunion. Les gens se regroupent autour d’une table, c’est plus fraternel, il y a un côté plus humain. Tandis que le rite tridentin, je le vois plus comme un rite où on se centre vers Dieu « … » Il y a plus de sens du sacré, de sens du respect, de recueillement. »

 

Quête d’orthodoxie 

 

Il y a donc une part de missionnaire chez lui, et un petit côté mystique, mais aussi une bonne dose d’orthodoxie. S’il se rend en Allemagne, dit-il, c’est pour s’instruire auprès de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP), organisation fondée en 1988 pour accueillir les anciens partisans de l’Archevêque Marcel Lefebvre, un ultraconservateur qui acceptait mal les réformes modernes du Concile Vatican II -qui a accouché de la « nouvelle » messe. Mgr Lefebvre fût excommunié pour avoir ordonné des prêtres sans l’aval de Rome.

 

L’abbé Guillaume Loddé, qui donne la messe tridentine à l’église Saint-François-d’Assise dans Limoilou, est issu de la FSSP. Mais M. Breton ne croit pas que ce conservatisme fera fuir les fidèles, même au Québec, société connue pour ses positions libérales en matière d’avortement et de mariage gai. « Ce n’est pas toute la société qui est en faveur des mariages homosexuels. Ce sont les médias qui présentent (le Québec) comme si tout le monde avait accepté ça. »

 

Auprès de la FSSP, M. Breton cherche un enseignement rigoureusement orthodoxe, exempt d’un certain relativisme qu’il décèle chez beaucoup de prêtres québécois et qui lui déplaît manifestement – il y est revenu plusieurs fois au cours de l’entrevue.

 

« Sur certains aspects, il y a plusieurs façons de vivre sa foi. Il y en a qui vont se centrer sur le spirituel, d’autres sur vivre en acte, comme la charité. C’est très correct, en autant que cela te rapproche de Dieu. Mais de là à dire : « à chacun ses valeurs, sa vision, ses manières de faire », je trouve qu’il n’y a plus de vérité là-dedans. Et il n’y a qu’une seule vérité, il ne faut pas le cacher. »

 

Source : Le Soleil, Québec, samedi le 27 septembre 2008, par Jean-François Cliche,

 

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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 15:28
 

 

« La messe en latin commence à faire des petits. Après son retour quotidien dans Limoilou, l’an dernier, quelques groupes l’ont demandée dans leurs paroisses, un peu partout dans la province. Non sans créer un apparent malaise au sein des autorités catholiques du Québec, d’ailleurs.

 


Le rite «tridentin», de son vrai nom, a longtemps été la norme. Il est célébré en latin et a cette particularité que le prêtre fait dos à l’assistance — ses défenseurs disent plutôt qu’il fait «face à Dieu». Dans les années 60, le Concile Vatican II a réformé cette liturgie (sans pour autant l’interdire) afin que les curés s’adressent aux fidèles directement et dans leur langue. En juillet 2007, cependant, le pape Benoît XVI s’est prononcé en faveur d’un retour à la messe en latin, sous certaines conditions, et le cardinal Marc Ouellet semble y être favorable.


Elle est donc est revenue à Québec l’an dernier, à l’église Saint-François d’Assise, dans Limoilou, où quelques dizaines de gens y assistaient au début. L’assemblée compterait maintenant jusqu’à 150 personnes le dimanche selon plusieurs témoins ; ils n’étaient toutefois qu’une soixantaine lorsque Le Soleil s’est rendu sur place, le 7 septembre.


Le phénomène reste marginal, mais l’abbé Guillaume Loddé, qui préside la cérémonie en latin à Québec, célèbre maintenant des messes dans d’autres régions. «On se déplace à la demande des fidèles. On ne débarque pas comme ça, à l’improviste», dit-il. D’autant plus que l’autorisation de l’évêque local n’est pas garantie…


Résistance

 

À Chicoutimi, un groupe d’une centaine de personnes a remis une pétition à l’évêché lui demandant de ramener la messe «traditionnelle» une fois par mois. Mais en entrevue au Soleil, l’évêque de l’endroit, Mgr André Rivest, a affirmé avoir consulté ses prêtres, qui «ne souhaitaient pas du tout, pour des questions d’unité dans le diocèse, que j’autorise cette célébration-là. Ce n’est pas une question de latin, mais de rite. Le rite tridentin, c’est le rite dos au peuple, sans aucune participation de l’assemblée».


Depuis ce refus, ceux qui demandent son retour arguent que le pape est favorable à l’ancien rite, mais les instructions de Rome stipulent que la demande doit venir d’un «groupe stable», s’objecte Mgr Rivest. Celui de Chicoutimi ne répond pas à ce critère, dit-il, parce que ses membres sont éparpillés dans toute la région et donc «ne cheminent pas ensemble», comme ceux qui vivent dans une même paroisse.


Ailleurs, à Drummondville, c’est plutôt le nombre insuffisant de fidèles voulant une messe en latin par mois qui a conduit l’évêque de Nicolet, Mgr Raymond Saint-Gelais, à refuser la demande. «Il n’y avait qu’une seule famille, dit-il, alors ce n’est pas suffisant.»


Non loin de là, cependant, une requête similaire a été acceptée dans la paroisse de Sainte-Rosalie, mais à l’évêché de Saint-Hyacinthe (dont fait partie la paroisse), on insiste lourdement sur le côté exceptionnel de la chose.


«C’est une messe à caractère privé, au sens où on l’accueille, mais on n’en fait pas la promotion», précise le vicaire général du diocèse de Saint-Hyacinthe, Jean-Marc Robillard. L’évêché, dit-il, a accepté d’accommoder deux familles qui voulaient le rite tridentin — l’abbé Loddé parle plutôt d’environ 60 personnes —, mais «on préfère que nos gens prient dans la langue du peuple et que nos célébrations soient plus vivantes, plus parlantes que dans une langue que les gens ne comprennent pas. (…)


«Benoît XVI insistait (dans sa lettre de juillet 2007, NDLR) que dans les endroits où cela sera autorisé, il faudra s’assurer que les gens comprennent le latin. Sinon, c’est de la nostalgie, une fixation dans le passé, peut-être.» -Le vicaire général du diocèse de Saint-Hyacinthe, Jean-Marc Robillard.

Il reste par ailleurs très peu de prêtres qui connaissent suffisamment le latin et le rituel tridentin pour célébrer la messe «à la traditionnelle», ajoute M. Robillard. «Alors s’il y a des fidèles qui sont restés attachés à cette forme de piété, on peut l’autoriser, mais ça ne rejoint pas la majorité (…) et autant que possible, on souhaiterait que ces groupes de fidèles s’ouvrent aussi à la grande église, qui a sa prière dans les normes de Vatican II.»

 

Source :  Le Soleil, Québec, mardi le 16 septembre 2008, Jean-François Cliche

 

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Mercredi 17 juin 2009 3 17 /06 /2009 15:24

Ce qui a manifestement ébranlé les pro-choix était la présence d'un vrai-de-vrai prêtre catholique. J'imagine que, suite à notre invitation officielle, le Cardinal Ouellet a délégué l'abbé Guillaume Loddé pour représenter les cinq évêques et plus de trois cents prêtres du diocèse de Québec. Peut-être le Cardinal s'apprête-il à nommer l'abbé Loddé comme Directeur du Grand séminaire de Québec?

 
Quand une mère et ses jeunes enfants se sont agenouillés, se sont signés de la Croix du Christ et ont commencé à prier, la foule de pro-choix s'est mise à hurler. J'aurais vraiment voulu avoir une caméra de télévision à ce moment, parce qu'ils se sont vraiment tous mis à hurler contre cette mère chrétienne et ses enfants! (Tous les gens présents peuvent en témoigner.) À bien y penser, tous les médias les ont appelés «pro-choix», mais n'était-ce pas aussi une manifestation antichrétienne?


L'année prochaine, nous avons besoin d'un Débat pour la Vie, avant la Chaîne pour la Vie.

 

Source :  http://www.semainedelavie.ca/fr/index.htm, Le 7 octobre 2007

 

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 07:05
 

À l’été 2007, suite au Motu Proprio du Saint-Père et aussi pour répondre à la demande des fidèles, Monseigneur Marc Ouellet  permet l’implantation de la Fraternité Saint-Pierre, à Québec, avec la célébration de la messe tridentine tous les jours.  L’abbé Guillaume Loddé, français d’origine, vient s’établir à Limoilou. Nous l’avons rencontré de même que trois catholiques assidus à ces célébrations.

 

ABBÉ GUILLAUME LODDÉ


J'appartiens à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre dont le charisme est de conserver les traditions liturgiques et disciplinaires de l'Église. Les prêtres de notre communauté ne disent que la messe traditionnelle. Notre société est internationale et c'est en Allemagne que j'ai été ordonné prêtre il y a un peu plus de cinq ans. Depuis septembre, je célèbre tous les jours une messe dans le rite tridentin à l'église Saint-François d'Assise de Québec. La liturgie théocentrique de ces célébrations se matérialise entre autres par le sens de l'autel, l'emploi de la langue latine
, les ornements sacerdotaux et la place du prêtre comme représentant des fidèles auprès de Dieu. Les génuflexions sont aussi plus nombreuses et marquent bien l'attention, le respect et les précautions accordées à la Présence réelle. Parmi les fidèles on voit des gens d'un certain âge qui retrouvent la messe de leur enfance, mais aussi des jeunes familles qui découvrent le rite tridentin et ses valeurs traditionnelles. Tous apprécient le sens du sacré de cette liturgie de même que l'importance donnée à la prière intérieure; le canon et l'Offertoire se déroulent en silence. Ce silence les conduit vers le bon Dieu!


RITA BÉLISLE PAGANI


Ma mère était une femme de foi impliquée dans son milieu et très conservatrice; c'est ainsi qu'à 14 ans, j'ai pu assister à une messe traditionnelle. Le chant grégorien a alors été pour moi une découverte. Au cours des trente dernières années, je suis restée attachée à ce rite tant pour son ambiance sacrée, la richesse de sa musique que pour les prédications des prêtres. Aujourd'hui, je suis organiste et maître de chapelle, à la messe du dimanche et aux jours fériés. Notre petit groupe comprend des voix de basse, des altos et à l'occasion une
soprano lyrique. Pour la polyphonie je chante avec trois ou quatre de mes enfants. J'ai dix enfants et dans la famille tout le monde chante! Je possède une formation en musique grégorienne et ai obtenu un diplôme d'études avancées à l'université de Poitiers. Ces études m'ont donné l'occasion de travailler sur les manuscrits anciens et de constater que les mêmes chants tirés des psaumes et de l'écriture sainte, nous pouvions toujours les chanter. Tout cela me fait vivre dans la continuité, la communion des saints et me lie à l'histoire du salut depuis la création du monde.


MARJOLAINE BLACKBURN LANGEVIN


Mon mari et moi sommes tous deux assidus à la messe tridentine. Nous y assistons le dimanche et le plus souvent possible aussi en semaine. C'est la publicité faite par les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre il y a plus de deux ans qui nous a amenés à redécouvrir ce rite. Au début, les célébrations n'avaient lieu que deux fois par mois; maintenant qu'elles sont quotidiennes nous sommes comblés! Cela fut une grâce de retrouver avec ce rite les trésors de la sainte messe que nous croyions avoir perdus. Le chant grégorien, la manière de
célébrer du prêtre qui se tient dos à l'assemblée, toute cette tradition nous ramène aux célébrations vécues dans notre enfance et nous donne des balises. Avec la messe tridentine, j'ai trouvé ce que je cherchais et qui m'avait été enlevé par le modernisme. J'apprécie l'ensemble de cette célébration où tout se complète et nous conduit à une proximité avec Dieu.

SIMON EVANS


La messe tridentine par la beauté de sa liturgie, son chant grégorien, son respect du sacré élève notre âme et nous centre sur Dieu. La qualité des sermons qui nous parlent vraiment de Dieu et des réalités fondamentales de notre existence, à savoir pourquoi nous vivons, répond à nos attentes. On trouve dans notre messe du dimanche notre nourriture de la semaine. Elle est aussi le pilier de notre vie spirituelle. À moins d'empêchement, on essaie d'aller à cette messe en famille. Nous avons quatre enfants de 5 ans et demi à 9 mois, et bien que la messe du
dimanche soit longue et qu'ils le sachent, ils trouvent cela intéressant et beau. Mon épouse, Brigitte, et moi faisons partie de ceux qui ont initié ce rite à Québec. Nous ne sommes pas du tout fermés à la messe nouvelle(depuis Vatican II) que l'on retrouve dans les paroisses, mais la célébration de rite tridentin offre une harmonie, une beauté liturgique qui nous nourrit davantage.

 

Source :  La Revue Sainte-Anne, avril 2008, page 154, par Colette Perron.

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