Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 07:02
 

Français d’origine, membre de la Fraternité Saint-Pierre qui s’est toujours voulue fidèle à Rome, l’abbé Guillaume Loddé, 32 ans, est arrivé à Québec en septembre.  Il a déjà pris part à quelques réunions presbytérales, où nous avons pu remarquer qu’il avait écouté attentivement.  Mais nous voulions aussi qu’il nous partage librement son parcours et sa motivation à célébrer l’Eucharistie sous la forme tridentine.

 

De la France au Québec

 

L’abbé Loddé a reçu sa formation dans le Grand Séminaire de la Fraternité Saint-Pierre, non loin du lac de Constance, en Allemagne,  « sur les terres du cardinal Ratzinger »  (son ancien évêché bavarois).  Après son ordination en 2002, il a été brièvement vicaire dans un petit village de la Sarthe.  Puis il a été aumônier de lycée (école secondaire française) pendant quatre ans;  il s’agissait d’une école privée confessionnelle, où les élèves n’étaient pas trop surpris de croiser un prêtre en soutane.  En même temps, il était le pasteur d’une petite communauté de fidèles (environ 80) habitués à la messe en latin selon l’ancien rite.  À ce propos, il nous explique que son rôle différait de celui des curés d’alentour :  « Eux, ils vont vers les gens;  nous, nous laissons les fidèles venir à nous ».

 

À notre question, l’abbé Loddé tient à dire qu’il a été très bien accueilli, tant par notre archevêque que par le curé de la paroisse Notre-Dame-de-Roc-Amadour, le père Raymond Angers, qui l’héberge.  Il n’a perçu aussi que de l’ouverture à son égard de la part des confrères, même s’il devine que le retour de la messe à l’ancienne, apportée en quelque sorte dans ses bagages, peut en agacer d’aucuns.  Son lieu de résidence atteste d’ailleurs de la communion avec l’Église locale :  « Pendant que les autres prêtres sanctifient leurs fidèles avec l’autre liturgie, nous ne nous situons pas en opposition, nous faisons les choses différemment tout simplement parce que nous croyons à cette forme  (de liturgie) ».  L’autorisation qui lui a été accordée est celle d’une chapellenie, un lieu de culte extra-paroissial pour la célébration de la forme extraordinaire de rite latin.

 

Un grand sens du sacré

 

Qu’est-ce qui a personnellement amené Guillaume Loddé à opter pour ce type de célébration et d’existence chrétienne?  Il nous signale d’abord l’accent mis, dans la messe tridentine, sur la contemplation et l’adoration.  L’usage de la langue latine, qu’il juge « pleinement extra-ordinaire »  aide à cultiver le sens du sacré.  L’ensemble des rites sont axés, selon lui, autour d’un  « immense respect pour la Présence réelle »  du Christ dans l’Eucharistie.  Et tout cela, tient-il à répéter, se vit totalement  « dans l’obéissance à l’Église ».

 

Que cherchent exactement les personnes qui choisissent ce type de messe?  Sans doute quelque chose d’analogue :  le culte du mystère (sans jeu de mots), la continuité avec une tradition qui, à leurs yeux ne doit surtout pas mourir, une dévotion très extériorisée…  Le plus grand quotidien des États-Unis, le New-York Times, s’est lui aussi intéressé  (10 novembre 2007)  au phénomène, qui demeure pour l’instant quantitativement très marginal;  les quelques personnes qui y assistent sont majoritairement des jeunes, ils sont en quête d’une sainteté proclamée ouvertement, de cérémonies qui mettent encore plus l’accent sur le Christ, reçu dans toute son altérité.  La majesté, la beauté, le mystère rendu et célébré, ne les laissent pas indifférents.  Toutefois le journal new-yorkais ne prévoit pas une importante recrudescence d’intérêt pour la messe tridentine :  au contraire, écrit Neela Banerjee,  « ceux qui étudient la jeunesse catholique (…) observent qu’elle réclame plutôt un accent plus prononcé sur la justice sociale et l’égalité sexuelle ».  La place de l’Écriture sainte dans la liturgie issue de Vatican II continue aussi d’apparaître à plusieurs – à commencer par les théologiens – un progrès à l’égard duquel il serait malheureux de faire marche arrière.

 

Le Motu proprio du Pape l’été dernier,  « Summum Pontificum »  nous lance, en pratique, le défi de la coexistence dans le dialogue et l’ouverture réciproque. L’unité de l’Église, si souvent invoquée pour valoriser la messe en latin, passe désormais par là.  Pour nous y aider, le Saint-Père nous demande de respecter à la fois le trésor de la tradition et l’apport plus que positif des nouveaux rites et de la pensée conciliaire.  (Son texte a été publié dans l’édition française de l’Osservatore Romano du 10 juillet 2007).

 

René Tessier, Pastorale-Québec, février 2008, page 30 

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 07:01

 

Depuis le début de l’automne, c’est tous les dimanches qu’est célébrée la messe en latin selon le rite pré-conciliaire, à l’église Saint-François d’Assise de Québec.  Dans notre édition de novembre dernier (p. 37), nous vous présentions et résumions à grands traits le Motu Proprio du pape Benoît XVI qui demande aux évêques de permettre cette forme liturgique dans leurs diocèses, là où la demande le justifie.

 

L’an dernier, déjà, un prêtre de la Fraternité Saint-Pierre assurait ce service un dimanche sur deux au même endroit.  Toutefois, il habitait Ottawa et faisait chaque fois l’aller-retour pour Québec.  Début septembre, un prêtre de 32 ans nous est arrivé de France :  l’abbé Guillaume Loddé.  Lui aussi appartient à la Fraternité Saint-Pierre, qu’il ne faut pas confondre avec les disciples de Mgr Lefebvre, malgré des racines communes.

 

La mouvance traditionaliste

 

Il vaut sans doute la peine de reprendre ici leur histoire.  Dans les années 60, le prélat intégriste français Marcel Lefebvre prend part au Concile Vatican II mais en refuse totalement plusieurs éléments de conclusion.  Il rassemble autour de lui par la suite un certain nombre de dissidents, choqués tant par les changements à la liturgie catholique que par certaines positions de principe :  liberté de conscience des baptisés, dialogue avec les autres traditions religieuses, ouverture sur le monde moderne et ses valeurs, etc.

 

D’abord concentrée en France la Fraternité Saint-Pie X s’installe à Écône (Suisse)  et essaime bientôt dans d’autres pays.   Elle fait l’objet d’une première condamnation, en 1976 par le pape Paul VI; mais il s’agit encore de remontrances, non d’une mise au ban formelle.  Comme il persiste et signe dans son opposition affirmée au concile qu’il juge « satanique », Mgr Lefebvre est ensuite suspendu.  Sa rupture définitive avec le Saint-Siège sera enclenchée, de l’avis de plusieurs observateurs, par le geste audacieux – plusieurs diraient :  prophétique – de Jean-Paul II en octobre 1986 :  dans le cadre de l’Année Internationale de la paix, il convoque à Assise tous les leaders religieux de ce monde pour une journée commune de prière pour la paix.  C’en est trop pour les intégristes :  la vue du Souverain Pontife à genoux, non loin de ces indiens à plumes, du Dalaï-lama et de tant d’autres, les révolte.  Quelques mois plus tard, au printemps 1988, Mgr Lefebvre pose le geste fatidique :  il ordonne quatre évêques parmi ses fidèles, malgré l’opposition du Pape.  L’excommunication s’ensuit de facto, comme il s’y attendait.  La rupture est consacrée.

 

Mais au cours de l’été 1988, une dizaine de prêtres de la Fraternité Saint-Pie X sont reçus par le Saint-Père;  ils lui signifient leur désir de rester en communion avec Rome et l’Église universelle en même temps que leur attachement à la célébration de la messe tridentine, codifiée par le pape Pie V et très légèrement retouchée par Jean XXIII en 1962.  De là naît la Fraternité Saint-Pierre.  L’abbé Loddé insiste d’ailleurs sur ce point :  « nous nous définissons d’abord par l’obéissance à Rome et aux évêques, jamais nous n’irions nous installer dans un diocèse sans l’accord des autorités ».

 

La messe tridentine, le missel de 1962

 

La messe tridentine est ainsi appelée parce que définie, pour l’essentiel, au Concile de Trente  (1545-1563).  On l’a compris, et l’abbé Loddé nous le confirme, ce n’est pas seulement l’usage du latin qui est ici en cause :  il s’agit d’une liturgie très codifiée, avec moult détails.  « L’immense trésor de la tradition », pour reprendre ses mots, exige que le prêtre célèbre dos au peuple, toute l’assemblée tournée vers Dieu.  L’uniformisation de la langue aussi bien que des gestes veut rendre visible l’unité de l’Église universelle,  « éviter que chacun ait ses particularités ».  Le lectionnaire utilisé prévoit la reprise chaque année des mêmes textes bibliques, des mêmes prières.  On doit y communier sur la langue;  le prêtre veille à bien accomplir toutes les génuflexions, à garder pouces et index joints, il soigne énormément la purifications des vases.

 

Dans l’article numéro 2, nous poursuivrons avec un portrait plus précis de l’abbé Loddé, dont nous avons cherché à comprendre ce qui l’avait fait opter pour la liturgie tridentine;  un confrère fort sympathique, au demeurant…

 

René Tessier, Revue Pastorale-Québec, janvier 2008, page 21

 

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 06:58
 

 L’église Saint-François-d’Assise, sise dans l’arrondissement Limoilou, offre depuis quelque temps des messes fort particulières… en latin. Une occasion pour les paroissiens de revivre les célébrations d’antan le soir de Noël.

 

L’abbé Guillaume Loddé célèbre la messe en latin à raison d’une fois par jour, et ce, depuis le mois de septembre dernier. La popularité pour ce type de célébration est indéniable. La messe du dimanche attire en moyenne plus d’une centaine de paroissiens.

 

Et le soir de Noël ne fera pas exception. La messe de minuit sera présentée dans cette langue dite «morte» et chantée en grégorien. «Les personnes qui assistent aux messes en latin ne le font pas parce qu’elles sont attachées à cette langue, de dire l’abbé Loddé. Elles le font parce qu’elles y trouvent quelque chose qu’on ne trouve pas dans les célébrations modernes.»


Rares sont les personnes à connaître les rudiments de cette langue. Question de faciliter la tâche – et la compréhension – de ces dernières, les missels sont traduits en français et en latin. Les lectures sont également exécutées dans la langue maternelle des fidèles. Car l’Abbé le répète et le redit : les messes en latin sont ouvertes à tout le monde, sans exception. «Je tiens beaucoup au latin, fait-il valoir. C’est la langue universelle de l’Église et le trait d’union entre tous les peuples de religion catholique.»

 

Source : Québec Hebdo, Région de Québec, par Karine Bouchard,  Article mis en ligne le 21 décembre 2007 à 15:37
http://www.quebechebdo.com/article-169478-Revivre-les-messes-traditionnelles-en-latin.html

 

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Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 06:57

 

« QUÉBEC - La messe en latin qui revient. Le maire de Saguenay qui propose la prédominance du catholicisme au Québec. Des parents catholiques qui mènent un combat public pour garder les cours de catéchèse à l’école... Un vent de traditionalisme soufflerait-il sur les catholiques du Québec?


« Il y a un mouvement qui balaie le catholicisme depuis, grosso modo, l’élection de Jean-Paul II, en 1978, dit Robert Mager, professeur à la faculté de théologie et de science religieuse de l’Université Laval. Il a entrepris un mouvement vers un certain conservatisme doctrinal et moral qui a pris des années à se mettre en place et qui a éloigné pas mal de monde des communautés catholiques en Occident. Et ceux qui restent sont plus conservateurs. »

 

Le virage

D’où, croit-il, l’impression de virage général vers la droite que l’on peut ressentir à écouter, depuis quelque temps, les croyants qui prennent publiquement la parole. Mais « si on prend tous les gens qui fréquentent les églises sur une base régulière, disons une fois par mois, ça représente encore pas mal de monde, facilement un demi-million de personnes. Et ce ne sont pas un demi-million de personnes qui sont (ultraconservatrices). Si on isolait ces gens-là dans les sondages, je ne serais pas surpris qu’on ait des résultats assez proches de ceux de la population en général. »

 

Les jalons

 

M. Mager attribue ce retour à la tradition à une quête de jalons. Dans la société en général, « ça se manifeste par une quête de spiritualité à tout vent (…) et dans le catholicisme, par la recherche de repères. Dans les années 70, les discours, à l’intérieur de l’Église, qui étaient axés sur la recherche et le cheminement personnel, la relativisation des choses, étaient très présents, mais ils ont plus de misère à se faire entendre aujourd’hui parce que les gens veulent avoir des réponses claires ».


Source :  Le Soleil par : Jean-François Cliche, 17 octobre 2007

 

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