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Pour entrer dans le CARÊME,
venez adorer le Saint-Sacrement exposé pendant les
QUARANTE HEURES
du Dimanche 19 dès 11h15 jusqu’au Mardi 21 à 9h00
Que signifient les Quarante Heures d’Adoration précédant le Carême ?
Les prières de 40 heures doivent leur institution à l’un des plus saints Prélats qu’ait eus l’Eglise de Jésus-Christ. Saint Charles Borromée, archevêque de Milan, publia, en 1574, une lettre pastorale d’une éloquence admirable, sur la Sainteté du temps de la Septuagésime. Il y déplore le malheur des Chrétiens relâchés qui emploient si mal ces jours précieux, durant lesquels ils devraient s’appliquer spécialement à la prière et aux bonnes œuvres.
Il conjure les fidèles de faire voir alors qu’ils sont véritablement enfants de l’Eglise ; il leur recommande l’assiduité aux exercices de piété qu’il avait établis pour contre-balancer les divertissements criminels, et conjure les âmes ferventes d’apaiser, par leurs supplications et leurs gémissements, la juste colère du Seigneur.
A cet effet, saint Charles régla qu’on exposerait le Saint-Sacrement, les trois jours précédant le carême, dans la cathédrale de Milan, et dans trente autres églises de la
ville ; que le matin et le soir il y aurait Procession solennelle, et que MM. les Curés distribueraient les heures de la journée à leurs paroissiens, de manière à ce qu’il y eût toujours
un nombre assez considérable d’adorateurs devant le très-saint Sacrement.
Les prières de quarante heures n’ont lieu que dans les circonstances graves où l’Eglise croit devoir faire au Seigneur, justement irrité, de solennelles réparations. Or, à quelle époque de l’année Dieu est-il le plus universellement oublié, même par les Chrétiens, que pendant les trois jours de carnaval ? Entrons donc dans l’esprit de l’Eglise qui, comme une Mère désolée, fait appel à nos cœurs : pleurons avec elle aux pieds du Seigneur, et crions miséricorde pour nous et pour nos frères. Présentons à la Majesté de Dieu outragée, l’Agneau sans tache qui s’est rendu notre médiateur et notre victime. Supplions le Père éternel de détourner ses regards des iniquités de son peuple, et de les arrêter sur la Personne adorable de son divin Fils.
Prions Jésus lui-même de nous être propice, de ne jamais cesser d’être auprès de son Père notre avocat et notre défenseur tout-puissant ; faisons-lui amende honorable pour tous les péchés des hommes.
Pour consoler l’Eglise affligée et pour apaiser le courroux du Seigneur, remplissons avec zèle les pratiques suivantes :
1. ° Confessons-nous avec un vif et sincère regret d’avoir offensé le meilleur des Maîtres.
2. ° Faisons une ou mieux trois communions ferventes, afin de donner nos cœurs pour asile à notre Roi, à notre Père, persécuté par ses propres enfants.
3. ° Assistons chacun de ces trois jours au saint Sacrifice de la Messe ; autant que possible visitons une Eglise dans laquelle se font les prières des quarante heures, et passons-y une heure en sentiments d’adoration, d’amour, de réparation, et en supplications humbles et ardentes.
4. ° Répétons, chacun de ces trois jours, au moins dix fois par heure, l’aspiration suivante : Epargnez, Seigneur, épargnez votre peuple et faites miséricorde à ceux qui vous ont offensé.
5. ° Proposons-nous d’obtenir la conversion d’un de nos parents, ou d’une personne à laquelle nous nous intéressons particulièrement.
Les âmes qui sentent combien il est nécessaire d’apaiser la justice divine pourraient encore faire chaque soir l’heure sainte : Dieu ne sait rien refuser aux prières de la nuit.
Notre principal but, pendant ces jours, doit être de réparer, et de demander grâce pour nos frères ; nous pouvons cependant et nous devons même profiter des moments précieux que nous passons devant le très-saint Sacrement pour nous renouveler de la piété et la ferveur. La circonstance est bien favorable pour obtenir toutes les grâces dont nous avons besoin : en ces jours, presque personne ne se met en peine de demander les faveurs du Ciel, et Notre-Seigneur se plaît à les répandre avec abondance sur le petit nombre d’âmes qui viennent le visiter. C’est ainsi que s’accomplit cette parole que le Seigneur adresse dans l’Ecriture à l’âme fidèle : Je la conduirai dans la solitude, et là, dans un religieux silence, je lui parlerai au cœur. Goûtez, âmes chrétiennes, ces délicieuses paroles, et si jamais votre cœur se sentait attiré aux coupables divertissements des enfants du siècle, souvenez-vous de cette menace du divin Maître : Malheur au monde à cause de ses scandales ! Malheur à vous qui riez maintenant, parce que vous serez un jour dans les gémissements et les larmes !
(Extrait de Prières de quarante heures, en réparation des désordres du carnaval, L. Lefort, 1843).
(Lieu d’adoration : Église Saint-Zéphirin-de-Stadacona,
1450, avenue François-1er Québec. )