QU’EST-CE QUE LA MESSE TRIDENTINE?
ABBÉ GUILLAUME LODDÉ
J'appartiens à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre dont le charisme est de conserver les traditions liturgiques et disciplinaires de l'Église. Les prêtres de notre communauté ne disent que la messe traditionnelle. Notre société est internationale et c'est en Allemagne que j'ai été ordonné prêtre il y a un peu plus de cinq ans. Depuis septembre, je célèbre tous les jours une messe dans le rite tridentin à l'église Saint-François d'Assise de Québec. La liturgie théocentrique de ces célébrations se matérialise entre autres par le sens de l'autel, l'emploi de la langue latine, les ornements sacerdotaux et la place du prêtre comme représentant des fidèles auprès de Dieu. Les génuflexions sont aussi plus nombreuses et marquent bien l'attention, le respect et les précautions accordées à la Présence réelle. Parmi les fidèles on voit des gens d'un certain âge qui retrouvent la messe de leur enfance, mais aussi des jeunes familles qui découvrent le rite tridentin et ses valeurs traditionnelles. Tous apprécient le sens du sacré de cette liturgie de même que l'importance donnée à la prière intérieure; le canon et l'Offertoire se déroulent en silence. Ce silence les conduit vers le bon Dieu!
RITA BÉLISLE PAGANI
Ma mère était une femme de foi impliquée dans son milieu et très conservatrice; c'est ainsi qu'à 14 ans, j'ai pu assister à une messe traditionnelle. Le chant grégorien a alors été pour moi une découverte. Au cours des trente dernières années, je suis restée attachée à ce rite tant pour son ambiance sacrée, la richesse de sa musique que pour les prédications des prêtres. Aujourd'hui, je suis organiste et maître de chapelle, à la messe du dimanche et aux jours fériés. Notre petit groupe comprend des voix de basse, des altos et à l'occasion une soprano lyrique. Pour la polyphonie je chante avec trois ou quatre de mes enfants. J'ai dix enfants et dans la famille tout le monde chante! Je possède une formation en musique grégorienne et ai obtenu un diplôme d'études avancées à l'université de Poitiers. Ces études m'ont donné l'occasion de travailler sur les manuscrits anciens et de constater que les mêmes chants tirés des psaumes et de l'écriture sainte, nous pouvions toujours les chanter. Tout cela me fait vivre dans la continuité, la communion des saints et me lie à l'histoire du salut depuis la création du monde.
MARJOLAINE BLACKBURN LANGEVIN
Mon mari et moi sommes tous deux assidus à la messe tridentine. Nous y assistons le dimanche et le plus souvent possible aussi en semaine. C'est la publicité faite par les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre il y a plus de deux ans qui nous a amenés à redécouvrir ce rite. Au début, les célébrations n'avaient lieu que deux fois par mois; maintenant qu'elles sont quotidiennes nous sommes comblés! Cela fut une grâce de retrouver avec ce rite les trésors de la sainte messe que nous croyions avoir perdus. Le chant grégorien, la manière de célébrer du prêtre qui se tient dos à l'assemblée, toute cette tradition nous ramène aux célébrations vécues dans notre enfance et nous donne des balises. Avec la messe tridentine, j'ai trouvé ce que je cherchais et qui m'avait été enlevé par le modernisme. J'apprécie l'ensemble de cette célébration où tout se complète et nous conduit à une proximité avec Dieu.
SIMON EVANS
La messe tridentine par la beauté de sa liturgie, son chant grégorien, son respect du sacré élève notre âme et nous centre sur Dieu. La qualité des sermons qui nous parlent vraiment de Dieu et des réalités fondamentales de notre existence, à savoir pourquoi nous vivons, répond à nos attentes. On trouve dans notre messe du dimanche notre nourriture de la semaine. Elle est aussi le pilier de notre vie spirituelle. À moins d'empêchement, on essaie d'aller à cette messe en famille. Nous avons quatre enfants de 5 ans et demi à 9 mois, et bien que la messe du dimanche soit longue et qu'ils le sachent, ils trouvent cela intéressant et beau. Mon épouse, Brigitte, et moi faisons partie de ceux qui ont initié ce rite à Québec. Nous ne sommes pas du tout fermés à la messe nouvelle(depuis Vatican II) que l'on retrouve dans les paroisses, mais la célébration de rite tridentin offre une harmonie, une beauté liturgique qui nous nourrit davantage.
Source : La Revue Sainte-Anne, avril 2008, page 154, par Colette Perron.